Suivant le jurilinguiste Phil Knight :

«Ce n'est pas que nous soyons fautifs ou mal intentionnés, mais nous sommes tous humains, et nous réagissons très humainement aux institutions judiciaires. Ceux d'entre nous qui sommes de ce côté-ci du comptoir présumons que tous savent Iire et écrire comme nous, et les citoyens qui viennent au comptoir ne nous diront pas volontiers "Excusez-moi je ne sais pas lire et je ne comprend pas ce papier que vous m'avez envoyé. Je sais que je dois faire quelque chose. Ce n'est pas que je ne m'en suis pas occupé, c'est seulement que je ne savais pas ce que ça disait."»

Le faible niveau d'alphabétisation et les besoins qui en découlent sont rarement décelés

De nombreux intervenants dans le système de justice pénale ignorent que les gens qu'ils rencontrent ont des problèmes d'alphabétisation. Même s'ils s'en doutent, ne disposent d'aucun mécanisme ou outil pour le vérifier.

«L'accusé ne voit souvent le policier qui l'arrête que pendant une dizaine de minutes, par contre, il peut rester plus de quatre heures avec l'enquêteur. Ce même accusé peut voir son avocat pendant très peu de temps, s'il a, par exemple, plaidé coupable et veut accélérer les choses ou il peut rencontrer son avocat à plusieurs reprises, et donc, passer avec lui plusieurs heures, selon ce qu'exige l'affaire. Les procureurs de la Couronne voient habituellement l'accusé rapidement au tribunal lors de sa première comparution et lors de l'audience sur sentence ou ils (l'accusé, l'avocat, le procureur de la Couronne, le juge) peuvent se trouver au procès dans la méme salle d'audience, en s'observant plus ou moins, pendant plusieurs mois.

Que le contact dure quelques minutes ou plusieurs heures, la question du degré d'alphabétisation de l'accusé n'est généralement pas soulevée, à moins


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